Votez "non" à la fête des mères
Ce dimanche 29 mai est un jour particulier. En effet, à moins que vous ayez été enlevés par des extra-terrestres ou que vous soyez partis en retraite dans un monastère tibétain depuis 1 an, vous n'êtes pas sans savoir que c'est le jour fatidique du référendum raffarinesque. C'est aussi le seul jour de l'année où vous pourrez placer opportunément le mot "anti-constitutionnellement" dans une phrase et avoir l'air intelligent (ou en mot compte triple au Scrabble, mais c'est plus dur, sauf si vous trichez et que vous avez mis des lettres supplémentaires dans votre manche).
C'est un jour fatidique, disais-je. D'aucuns nous annoncent ainsi l'apocalypse en cas de non majoritaire. Allons bon.
Dieu votera "oui". C'est Marie-Chantal de la Villardière qui me l'a dit ce matin pendant la messe à St-Nicolas-du-Chardonnet. Elle est très au courant des pensées politiques divines, d'ailleurs à chaque élection ou référendum, elle a des stygmates.
Mon courant politique m'encourage à voter oui, mais je me tate encore. C'est l'article sur le "droit à la vie" qui me dérange. Je suis pour l'avortement, car l'idée d'une prolifération de clones retors de Charles-Henri (mon petit-neveu) me donne des boutons et des ulcères à l'estomac. C'est très mauvais à mon âge.
En réalité, ce 29 mai est un jour fatidique, mais pas à cause du référendum. C'est aussi la fête des mères. Heureusement, je n'ai pas d'enfants et ma mère est décédée. J'évite ainsi le douloureux calvaire de la distribution systématique de colliers en perles de nouilles et de cendriers en terre cuite, voire en pâte à modeler (merci M. Fillon pour les restrictions du budget de l'Education nationale !).
Tous les ans, des milliers de mères doivent subir cette épouvantable tradition pétainiste et affronter un cruel dilemme : comment jeter discrètement à la poubelle tous ces affreux cadeaux pour ne pas blesser la progéniture conditionnée insidieusement dès le plus jeune âge à honorer cette fête qui ne réjouit que les commerçants ?
Déjà il faut prendre le mal à la racine et remplacer les options "poterie" et "macramé" du concours de Professeur des écoles à l'IUFM par des options "canevas" ou "femme de ménage". Une mère serait davantage ravie par un magnifique canevas ou une femme de ménage qui la soulagerait de ces tâches ingrates quotidiennes. Que voulez-vous qu'elle fasse d'un collier de nouilles ?
Pour se débarrasser des infâmes objets :
- récupérez tous les colliers de nouilles, et faites des nouilles à la sauce tomate tout en sermonnant votre enfant : "C'est mal de jouer avec la nourriture !"
- utilisez les cendriers en terre cuite comme armes lors d'une scène de ménage ("Désolée, Charles-Henri, je n'avais que ça sous la main, j'ai déjà utilisé le rouleau à pâtisserie la semaine dernière et il est cassé.")
- faites une bonne action et donnez-les à Emmaüs (fuyez avant que l'employé ne découvre ce qu'il y a dans votre sac).
- faites une bonne action et envoyez-les pour les victimes du tsunami ou les petits Ethiopiens, ça les changera du riz.
C'est décidé, je voterai "non" à la fête des mères.
C'est un jour fatidique, disais-je. D'aucuns nous annoncent ainsi l'apocalypse en cas de non majoritaire. Allons bon.
Dieu votera "oui". C'est Marie-Chantal de la Villardière qui me l'a dit ce matin pendant la messe à St-Nicolas-du-Chardonnet. Elle est très au courant des pensées politiques divines, d'ailleurs à chaque élection ou référendum, elle a des stygmates.
Mon courant politique m'encourage à voter oui, mais je me tate encore. C'est l'article sur le "droit à la vie" qui me dérange. Je suis pour l'avortement, car l'idée d'une prolifération de clones retors de Charles-Henri (mon petit-neveu) me donne des boutons et des ulcères à l'estomac. C'est très mauvais à mon âge.
En réalité, ce 29 mai est un jour fatidique, mais pas à cause du référendum. C'est aussi la fête des mères. Heureusement, je n'ai pas d'enfants et ma mère est décédée. J'évite ainsi le douloureux calvaire de la distribution systématique de colliers en perles de nouilles et de cendriers en terre cuite, voire en pâte à modeler (merci M. Fillon pour les restrictions du budget de l'Education nationale !).
Tous les ans, des milliers de mères doivent subir cette épouvantable tradition pétainiste et affronter un cruel dilemme : comment jeter discrètement à la poubelle tous ces affreux cadeaux pour ne pas blesser la progéniture conditionnée insidieusement dès le plus jeune âge à honorer cette fête qui ne réjouit que les commerçants ?
Déjà il faut prendre le mal à la racine et remplacer les options "poterie" et "macramé" du concours de Professeur des écoles à l'IUFM par des options "canevas" ou "femme de ménage". Une mère serait davantage ravie par un magnifique canevas ou une femme de ménage qui la soulagerait de ces tâches ingrates quotidiennes. Que voulez-vous qu'elle fasse d'un collier de nouilles ?
Pour se débarrasser des infâmes objets :
- récupérez tous les colliers de nouilles, et faites des nouilles à la sauce tomate tout en sermonnant votre enfant : "C'est mal de jouer avec la nourriture !"
- utilisez les cendriers en terre cuite comme armes lors d'une scène de ménage ("Désolée, Charles-Henri, je n'avais que ça sous la main, j'ai déjà utilisé le rouleau à pâtisserie la semaine dernière et il est cassé.")
- faites une bonne action et donnez-les à Emmaüs (fuyez avant que l'employé ne découvre ce qu'il y a dans votre sac).
- faites une bonne action et envoyez-les pour les victimes du tsunami ou les petits Ethiopiens, ça les changera du riz.
C'est décidé, je voterai "non" à la fête des mères.
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