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Mardi 24 mai 2005
Ce matin, je suis allée chez le coiffeur, qui à n'en pas douter, doit être un "collègue" de mon neveu Jean-Thierry. Il ne lui plairait pas, il n'est pas assez poilu.

Bref, je feuilletais un de ces magazines ineptes dont la date de péremption est depuis longtemps dépassée, quand je suis tombée par hasard sur cette merveilleuse innovation. Je regrette de ne pas l'avoir découverte plus tôt, car j'en aurais fait aussitôt l'acquisition pour ma nièce quand elle a eu Charles-Henri.
Cette ingénieuse grenouillère pour bébé possède des balais dépoussiérants type O'Cédar. Je vous sens perplexes.


Imaginez la pauvre femme qui doit à la fois faire le ménage (pendant que son mari lit son journal sur le canapé) et surveiller son bébé qui vient de découvrir qu'il pouvait ramper et s'échapper discrètement pour se livrer à ses activités favorites, comme tirer la queue du chat ou mettre ses petits doigts boudinés dans les prises électriques ? Eh bien, grâce à cette invention, le charmant bambin participe aux tâches ménagères tout en découvrant le monde ! Pour une fois qu'un moutard peut servir à quelque chose, je crie au génie. J'ai justement un parquet à cirer, je vais aller louer un bébé chez Kiloutou.
Par Augusta - Publié dans : Humeurs
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Lundi 23 mai 2005
Je n’avais pas trop suivi le festival de Cannes car ce blog me prend beaucoup plus de temps que je ne l’aurais cru (sans compter mes canevas en cours), et Cannes à cette époque est infestée de populace bavante à l’affut d’une très hypothétique apparition staresque. Je ne vais à Cannes qu’en dehors du festival, j’ai une chambre réservée au Hilton avec vue sur la mer. De là, je peux facilement épier les frasques sexuelles des VIP sur leurs yachts avec mes jumelles. J’ai de quoi les faire chanter pendant trois générations.


Mais je digresse. Donc mon neveu Jean-Thierry, qui affectionne les potins mondains, a attiré ce matin mon attention sur un événement qui avait échappé à ma vigilance chiennedegardiste : le sein de Sophie Marceau. Néanmoins, peut-on vraiment parler d’événement ? Je parlerais davantage de plagiat. Rappelez-vous le sein de Janet Jackson. Ca c’était un événement aux Etats-Unis. Pour la première fois, des millions d’abrutis téléphagiques au regard bovin avaient la confirmation de l’existence des extra-terrestres.





En effet, vous l’aurez noté, le téton de Janet est non seulement noir – ce qui est fort inhabituel chez les Jackson – mais il est également en forme d’étoile argentée. D’aucuns y ont vu un complot sioniste comme le suggérait Dieudonné, mais la théorie des petits gris est nettement plus plausible selon mon petit-neveu Charles-Henri.



Face à cette révélation, qui se souviendra du sein palôt de Sophie Marceau, plus connue pour ses prétentions philosophiques (Exemple, en parlant de son fils : « Il pose tout le temps des questions : "Pourquoi toi t'aimes pas les carottes et moi oui ?" Je lui réponds : "Parce que toi, c'est toi, maman, c'est maman." ») que pour ses prouesses d’actrice ?
Interview de Sophie Marceau


Peut-être les Marie-Charlotte que je fréquente tous les dimanches matin à la messe de St-Nicolas-du-Chardonnet se rallieront-elles aux bigotes amerloques de l’Eglise baptiste pour pousser des hauts cris courroucés face à tant d’étalage viandesque aux heures de grande écoute. En tous cas, tout cela fait bien rigoler nos compatriotes arabes, car cela ne risque pas d’arriver chez eux. Au lieu de porter des robes immettables et retorses, qui ne tiennent pas sur des épaules d’anorexique, fournies grâcieusement par des grands couturiers français, les starlettes feraient mieux de s’acheter la tunique Aida à 44 euros seulement. Et en plus le col roulé coordonné est vendu avec. http://www.al-hijab.ch/69511.html






« Aïda »
Longue tunique en voile avec manches fendues fermée par des liens aux coudes et poignets ; vendue avec le col roulé coordonné.
Couleur : ivoire
Matière : tunique voile polyester ;
col roulé
65%coton 35%polyester (stretch)

Par Augusta - Publié dans : Humeurs
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Dimanche 22 mai 2005
Comme tous les dimanches matin, je suis allée à la messe de l'Eglise Saint-Nicolas-du-Chardonnet avec Jean-Thierry, mon neveu. Vous connaissez certainement cette église de Paris, elle constitue le lieu de rendez-vous des ultra-catholiques de tous poils. Ils sont extrêmement retors.


C'est une église magnifique construite au XIIIe siècle et reconstruite au XVIIe siècle. J'aime beaucoup m'y recueillir un moment, réfléchir à mon prochain cours sur la symbolique de l'utilisation des ustensiles culinaires dans la littérature du XVIIIe siècle, ou finir un travail au crochet sous le regard de Dieu. Ce que j'aime chez Lui, c'est son silence. Il ne viendra jamais vous demander de jouer aux petits chevaux avec lui, et n'a pas de camion de pompier avec une sirène stridente qui fait disjoncter mon sonotone. Avec Dieu, on est tranquille.


L'ennui, c'est que cette église est pleine de catholiques fervents shootés à la Sainte-Vierge qui passent leur temps à psamoldier bruyamment pendant que j'essaye de me concentrer sur un point retors de mon ouvrage au crochet. On n'est jamais tranquille.


Mon neveu Jean-Thierry est un grand gaillard de 35 ans, fort utile pour vous monter les courses ou vous couper du bois pour la cheminée. Je l'aime bien.
Jean-Thierry n'est pas ultra-catholique. Il est homosexuel. De la jaquette flottante, comme on disait à mon époque. Il ne va pas à Saint-Nicolas-du-Chardonnet pour faire du crochet, mais pour se rappeler pourquoi il est devenu athée, malgré toute sa scolarité passée dans des établissements catholiques privés extrêmement onéreux. Son athéisme a provoqué un énorme scandale dans la famille. A moins que ce ne soit ses goûts pour les camionneurs poilus. Je ne me rappelle plus très bien. En tous cas, ma soeur Véréna a dû faire un séjour de repos à La Verrière. Non, vraiment, Jean-Thierry est un homme bien.


Nous passons ensemble des heures à nous gausser des bourgeoises à col Claudine et à souliers vernis, à commenter les homélies du curé, et à faire trébucher les nabots en culottes courtes qui ont l'outrecuidance de vouloir squatter notre banc.


Aujourd'hui, le sujet était le mariage. Nous avons beaucoup ri. Je vous cite quelques passages truculents :

"Pour peu que les époux aient compris la grandeur de leur vocation familiale, ils multiplieront généreusement le nombre de leurs enfants, autant que le leur permettront la santé de la femme et les conditions matérielles de l'existence. Ils se garderont des prétextes plus ou moins égoïstes trop souvent invoqués par ceux qui limitent sans raison majeure le nombre de leurs enfants."

Moi, je dis qu'il est égoïste de mettre au monde des enfants comme Charles-Henri, mon petit-neveu. Non seulement il ne connaît pas Elvira Potemkine, mais, en plus, il triche aux petits chevaux. Il faudra penser à le faire stériliser.

"Le but premier du mariage ce sont les enfants."

Vous comprenez pourquoi je ne me suis jamais mariée.
Par Augusta - Publié dans : Humeurs
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Samedi 21 mai 2005

Hier, je suis allée au zoo de Thoiry avec mon petit-neveu Charles-Henri. Je déteste les animaux. Mais comme la maîtresse de Charles-Henri était en grève pour récupérer sa journée du lundi de Pentecôte, ma nièce m'a refourgué le moutard. Moi qui comptais continuer mon canevas, j'étais furibonde.

Saviez-vous que le Comte de la Panouse, le maître d'oeuvre du Parc de Thoiry, passe ses journées assis à regarder les crocodiles d'un oeil vitreux dans le vivarium ? Quand je l'ai vu, j'ai cru qu'il faisait la manche et je lui ai jeté une pièce. Quelle décadence ! De toutes façons, vu ses origines, ce n'est pas très étonnant... C'est un descendant d'un bâtard de Louis XV que mes ancêtres ont bien connu. Déjà, à l'époque, les Comtes de la Panouse avaient l'oeil vitreux.

Nous avons commencé la visite par le Parc. La dernière attraction du zoo est un immense labyrinthe naturel. J'ai tout de suite suggéré à mon petit-neveu de s'y élancer, espérant ainsi qu'il se perde afin de me laisser du temps libre pour progresser dans mon canevas que j'avais apporté. Malheureusement, il est ressorti 10 minutes après alors que j'avais à peine commencé, luttant contre un fil retors.




Charles-Henri s'est bien entendu extasié devant les zèbres pendant que je fulminais. Les zèbres sont la quintessence même du désordre : pas une ligne régulière, un coup de blanc, un coup de noir, c'est l'anarchie. Par ailleurs, c'est une plaie à réaliser en canevas. J'ai toujours dit que les zèbres étaient des animaux retors.


Les lions. C'est Charles-Henri qui a pris la photo. Nous étions dans un tunnel de verre pendant que les soigneurs jetaient de la viande crue aux fauves suscités. Cette opération suscita des hurlements hystériques de la part d'une cinquantaine de nains prépubères, hurlements dont la valeur en décibels ferait passer le passage du Concorde pour une calme mélopée doucereuse.







Le vivarium. Hormis le Comte de la Panouse, nous avons vu de magnifiques spécimens de crocodiles et de serpents qui auraient fait de superbes sacs Chanel. J'ai d'ailleurs besoin de remplacer le mien : la peau ressemble à celle du Comte.

Les tigres. Nous pouvions les observer du haut d'une passerelle qui passait au milieu de leur enclos. Une pancarte avisait de certains principes de sécurité superfétatoires. Dès que le gardien eut tourné la tête, absorbé dans la contemplation d'un sosie de Pamela Anderson, j'ai tout de suite proposé à Charles-Henri de monter sur la rambarde pour mieux voir les tigres .








Quand le gardien eut récupéré Charles-Henri dans la fosse aux tigres qui, malheureusement, venaient d'être nourris, nous sommes partis faire la visite en voiture. Le principe consiste à rouler au pas parmi les animaux en liberté. Nous avons vu de magnifiques bêtes à cornes.

C'est d'ailleurs la seule chose que nous avons vu. En effet, Charles-Henri eut la bonne idée d'ouvrir la vitre et d'agiter sa cape rouge de Superman devant lesdites bêtes à corne en faisant "Olé !". Ma nièce, qui m'avait prêté sa voiture pour l'occasion, était fort désappointée. Je lui ferai un canevas de sa voiture pour la consoler.



Par Augusta - Publié dans : Humeurs
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Vendredi 20 mai 2005
Ma première passion, celle qui occupe la majorité de mon temps libre quand je n'ai pas à corriger d'insipides et nullissimes copies de mes pseudo-étudiants retors, c'est le canevas. Vous ne pouvez imaginer la paix intérieure qui s'empare de mon être meurtri quand je saisis d'une main frèle mes aiguilles et mes fils dont même les noms sont de véritables poèmes : retors, laine, perlé ou mouliné ! Je n'utilise jamais le premier, pour des raisons que vous comprendrez (si, bien sûr, vous ne faites pas partie des étudiants sus-cités...). Je ne résiste pas à la tentation de vous faire partager ma passion en vous présentant quelques oeuvres qui ont marqué ma vie.





Celui-ci est le premier que j'ai réalisé, ou plus exactement, le plus montrable. Il représente mon envie de l'époque de m'échapper de la grisaille lilloise de mon enfance... Nous vivions dans la caserne puisque mon père était colonel. Mon père aimait beaucoup les dauphins. Il a commencé sa carrière dans la Marine et souvent il me racontait en riant la savoureuse anecdote des dauphins que les soldats massacraient pour s'entraîner au tir. Que de souvenirs...


Celui-là a été réalisé quand j'avais 17 ans. J'étais tombée follement amoureuse d'un pompier qui était venu nous sauver quand mon père a mis le feu à la maison en abusant de l'alcool à brûler pour le barbecue... Depuis, je suis végétarienne.



Celui-ci est l'oeuvre de mon petit-neveu. Je lui ai appris le canevas. En fait, il n'avait pas le choix, sinon je disais à sa mère que c'était lui qui avait peint la queue du chat en rose. Au départ, il voulait jouer aux petits chevaux. Est-ce que j'ai une tête à jouer aux petits chevaux ?


Celui-là est ma fierté : c'est grâce à ce magnifique chaton que j'ai atteint la 8e place du Championnat du Monde de Canevas l'année dernière. Admirez le détail des yeux, les couleurs chatoyantes ! Je pense que si j'avais mieux réussi la pelote de laine, j'aurais facilement gagné la 1ère place. Malheureusement, ils m'avaient donné du fil retors.
Par Augusta - Publié dans : Augusta par elle-même
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